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Le message de Audrey SABARDEILIl y a 10 ans, je tenais dans mes mains un livret similaire à celui que vous parcourez en ce moment. Il y a 10 ans, j’y lisais mon nom et le titre de mon texte : Incurable. Il y a 10 ans, des mains de Gilles Del Pappas, président du jury, je recevais le premier prix catégorie adultes du 25e concours de nouvelles des Écrivains en Provence sur le thème « Dans le brouillard ». Aujourd’hui, je fais partie du jury en tant qu’écrivain. Et c’est un symbole fort pour moi. Il y a 10 ans, je n’avais jamais fait lire le moindre de mes textes. Je n’imaginais pas être publiée. Je me pensais incapable de mener à son terme un manuscrit. J’écrivais dans mon coin, en grand secret, et j’avais bien failli renoncer à envoyer ma nouvelle au jury. Aujourd’hui, je me rappelle parfaitement l’appel au micro, l’estrade, et surtout les encouragements de Maurice Gouiran sur la scène puis, en coulisses, son insistance à me pousser à écrire. « Du potentiel », m’avait-il dit. Ce mot s’est logé quelque part et j’ai suivi son conseil. Je suis persuadée que, sans ces paroles-là, prononcées par ces écrivains dont les livres se trouvaient en librairie, je n’aurais jamais osé. Osé faire lire les nouvelles que j’ai écrites ensuite, osé me lancer dans un roman, osé l’envoyer à un éditeur, et surtout penser que mon écriture avait quelque valeur. Je garde une immense reconnaissance à ce jury de 2016 (Gilles Del Pappas, Françoise Capitti, Murielle Borel, Maurice Gouiran, Serge Scotto et Marc Spaccesi), aux lecteurs qui avaient amené ma nouvelle jusqu’à cette sélection finale, et plus généralement à ce beau salon du livre de Fuveau. J’y ai gagné ce qui me manquait : le permis d’écrire. Depuis, après trois romans édités, bientôt un quatrième, je soigne mieux mon syndrome de l’imposteur, je compose avec mes doutes et j’ose me dire autrice. C’est dire si ce concours a changé ma trajectoire ! Aujourd’hui, je suis particulièrement ravie – et assez émue, je dois dire – de passer de l’autre côté et de remettre ces prix littéraires à des écrivains amateurs à qui, comme à moi en 2016, on a trouvé « du potentiel ». À mes yeux, ce concours ne salue pas seulement des textes, mais un geste – celui d’écrire – et des promesses. Alors à vous qui écrivez, peut-être sans oser croire en la qualité de votre plume, je ne donnerai qu’un conseil : écrivez, récrivez, et récrivez encore.
Audrey Sabardeil - Juillet 2026 |